Quelques kilomètres de double voie sur la BN

Gare de Rosshäusern sur la ligne Bern – Neuchâtel (BN, maintenant BLS), passage d’une RE Bern – Neuchâtel. Il vient de passer les quelques kilomètres entre Riedbach et Rosshäusern. Sur ce tronçon, la deuxième voie a été mise en service le 24 mai 1996. Cette portion fut la première aménagée en double voie sur la ligne. Riedbach – Niederbottigen suivra en 2000 et Niederbottigen – Bern Bümpliz Nord en 2008. Le prolongement au-delà de Rosshäusern a quant à lui été mis en service en 2018, avec le tunnel de Rosshäusern.

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23 mai 1871, le premier train de montagne de Suisse et d’Europe

Aujourd’hui le plus vieux chemin de fer de montagne d’Europe fête 148 ans. Il s’agit du chemin de fer du Righi en Suisse. La ligne Vitznau – Rigi Staffelhöhe a été mise en service le 23 mai 1871. (Comme j’écris les noms de gare en principe selon leur orthographe officielle, j’utilise par nommer les gares l’orthographe allemande Rigi, alors que pour parler de la montagne, j’utilise la version français Righi). Ce premier chemin de fer de montagne ne fut toutefois pas le premier chemin de fer à crémaillère. En effet, la ligne des carrières d’Ostermundigen a été mise en service en 1870 déjà, mais pour des raisons de marketing, sa mise en service officielle a été reportée à octobre 1871 (ainsi c’est le chemin de fer du Righi qui a officiellement le titre de premier chemin de fer de montagne à crémaillère d’Europe).

Si la ligne s’arrêtait à Rigi Staffelhöhe, c’est parce que cette station se situe juste avant la frontière cantonale (LU/SZ). Le chemin de fer du Righi (Rigibahn, VR) avait une concession du canton de Lucerne, mais pas du canton de Schwyz. La ligne sera prolongée jusqu’à Rigi Kulm par le chemin de fer Arth – Righi (Arth-Rigi-Bahn, ARB) en 1873. En même temps, le Rigibahn sera renommé Vitznau-Rigi-Bahn (VRB). Jusqu’à la fusion des deux entreprises en 1992, le VRB roulera sur la voie de l’ARB entre Staffelhöhe et Kulm. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1990 qu’une bretelle de voie fut construite à Rigi Staffel pour relier les deux lignes. Jusqu’à cette date, la seule liaison était un « pont transbordeur » à Rigi Kulm, devant le dépôt commun aux deux entreprises.

Pour illustrer cet anniversaire, voici une photo de la H 1/2 7, datant de 1873. Elle est de construction similaires aux premières locomotives mises en service en 1871. Je l’ai photographiée en 2009 à l’occasion d’un festival de la vapeur à Arth-Goldau.

Un saut-de-mouton en prévision de la ligne de l’aéroport

A Châtelaine: à gauche la voie alimentée en courant français (25kV 50Hz) en provenance de Bellegarde – La Plaine et à droite les deux voies en provenance de Genève-Aéroport alimentées en courant suisse (15 kV 17Hz), dont l’une avec une caténaire commutable depuis 2017. En gare de Genève, les voies dédiées au trafic français sont de l’autre côté des voies suisses. Dès lors, avant de pouvoir mettre en service la ligne de l’aéroport, il a fallu construire un saut-de-mouton. La ligne française passe sous les voies suisses (on devine d’ailleurs que la voie de gauche commence de descendre par rapport aux deux autres voies), en tunnel, dans la tranchée couverte de St-Jean.

Ce saut-de-mouton a été mis en service le 18 mai 1986. A la même date, les deux étant liés, une deuxième voie a été mise en service entre St-Jean et la Jonction.

Falkenhausen – Belp et quelques autres doubles voies

Il y a 15 ans aujourd’hui, le 17 mai 2004, le BLS mettait en service une portion de double voie entre Belp et Falkenhaus. Ces 2km à peine de double voie permettent notamment la cadence au 1/4-heure du RER (lignes S3/S31) et ont un rôle important pour la stabilité de l’horaire, permettant si nécessaire un départ de Belp simultané des trains S3 et S4/S44.

Le 17 mai aussi mais en 1953, respectivement en 1955, les CFF ont mis en service la deuxième voie sur les tronçons Giubiasco – Cadenazzo et Unterterzen – Murg.

1.02.1876: Bischofszeller Bahn

Le chemin de fer Sulgen – Gossau (SG), aussi connu sous le nom de Bischofszeller Bahn relie la bourgade de Bischofszell à St. Gall via Gossau au sud et au Thurtal au Nord, où il rejoint à Sulgen, la ligne Weinfelden – Romanshorn. Bien que juridiquement indépendante, cette ligne de 23km a dès le départ été affermée à la compagnie du NOB (Nord-Ost Bahn) qui l’a exploitée jusqu’à sa nationalisation en 1902.

Deux ouvrages d’art marquent la ligne, d’une part le pont sur le Sornbach près de Hauptwil, et d’autre part le pont sur la Sitter, près de Sitterdorf, entre Bischofszell Stadt et Bischofszell Nord, illustré ci-dessous. Les deux ouvrages en poutrelles d’acier ont toujours été un facteur limitatif à l’exploitation de la ligne. Le trafic de marchandise issu des industries de Bischofszell a dès lors toujours circulé en direction de Sulgen. Aujourd’hui la ligne est essentiellement parcourue par les trains du S-Bahn de St. Gall.

La première partie de la ligne entre Sulgen et Bischofszell Stadt a été mise en service le 1er février 1876. Le deuxième tronçon entre Bischofszell et Gossau suivra le 5 juillet de la même année. L’illustration présente une interprétation libre du pont sur la Sitter près de Sitterdorf avec la C 2/2 226 et son train à destination de Gossau.

Un tram aux pieds de Guillaume

Je vous ai déjà parlé du tram méconnu Altdorf-Flüelen (AF) 61 ans après sa suppression. Pour que l’histoire soit complète, il convient ici d’évoquer sa mise en service, le 25 août 1906. Le terminus du tram se situait au pied du célèbre monument de Guillaume Tell à Altdorf. Il donnait au chef-lieu cantonal un accès à la gare de Flüelen où s’arrêtaient les trains directs ainsi que la correspondance lacustre.

Et puisque nous évoquons l’histoire ferroviaire du jour, à l’heure de publier cet article, le nouveau tunnel de Rosshäusern sur la ligne Bern – Neuchâtel est inauguré.

120 ans Fribourg-Morat

Ce Flirt TPF à la gare de Pensier durant la construction de la nouvelle gare de croisement pour permettre d’augmenter la cadence montre que les TPF aujourd’hui sont une entreprise avec un rôle important dans le trafic pendulaire autour de l’agglomération de Fribourg. Il y a 120 ans, il s’agissait avant-tout de créer une relation transversale dans le canton de Fribourg qui n’était alors que traversé longitudinalement par les différentes lignes ferroviaires.

La ligne du Fribourg-Morat (FM) a été mise en service il y a 120 ans, le 23 août 1898. De Fribourg à Givisiez, les trains du FM empruntaient la ligne de la Broye transversale mise en service par la compagnie du chemin de fer de Suisse occidentale (SO) en 1876.

Le FM sera prolongé 5 ans plus tard en 1903 jusqu’à Ins et s’appellera dès lors FMA (Fribourg-Morat-Anet). La même année il sera électrifié en courant continu avec prise de courant par troisième rail.

Schweizerische Südostbahn (SOB)

Les lecteurs assidus de mes articles sur l’histoire ferroviaire se souviennent peut-être que j’avais évoqué la compagnie du chemin de fer du lac de Zurich au Gothard (Zürichsee – Gotthardbahn, ZGB) à l’occasion des 132 ans de la mise en service de la ligne de la digue de Rapperswil. Le but de cette compagnie était de permettre une liaision entre le Rapperswil et la ligne du Gothard en construction.

Comme bien souvent, les moyens financiers ont dicté le rythme des travaux et à défaut de capitaux, ils n’ont pas été poursuivi entre PFäffikon (SZ) et Arth-Goldau. Sur la pression de comités d’initiative et d’investisseur, il fut décidé en 1889 de fusionner le ZGB avec la compagnie Wädenswil-Einsiedeln (WE) et de mandater cette nouvelle entreprise d’achever la ligne entre Pfäffikon (SZ) et Samstagern et entre Biberbrugg et Arth-Goldau. La nouvelle société pris le nom de Schweizerische Südostbahn (SOB) et mit en service le reste de la ligne le 8 août 1891.

Précisons pour la petite histoire que ni le ZGB, ni le WE n’exploitaient eux-mêmes leurs lignes. Le WE avait confié l’exploitation au Nordostbahn (NOB) et le ZGB au concurrent, la société VSB (Vereinigte Schweizer Bahnen). La nouvelle SOB reprendra elle-même l’exploitation de ces lignes.

L’illustration montre une rame du Voralpen-Express arrivant à Arth-Goldau.

28 mai 1994: trois suppressions de service voyageur

L’histoire ferroviaire du jour n’est pas joyeuse pour un ferrovipathe, puisque je ne vais aujourd’hui parler que de suppressions de trafic. Ils s’agit des lignes suivantes:

Koblenz – Laufenburg: La ligne mise en service par la compagnie du Bözberg (BöB, Bözbergbahn) en 1892 et électrifiée en 1944 a été créée pour éviter la concurrence. En effet, pour relier Bâle à la région zürichoise, le passage le long du Rhin est plus court que le détour par le Bözberg et Baden. Les compagnies du chemin de fer du Nord-Est (Nord-Ost-Bahn, NOB) et la Schweizeriche Centralbahn (SCB), dont le BöB était une filiale commune voulaient rentabiliser l’investissement du tunnel du Bözberg et construisirent donc une ligne avec des disposition tarifaires spéciales pour obliger le trafic à passer par le Bözberg et bloquer ainsi la construction d’une ligne concurrente. La ligne est ainsi restée une ligne secondaire. Aujourd’hui, le trafic voyageur ne va que jusqu’à Laufenburg (terminus S1 du RER de balois), mais la ligne est encore régulièrement parcourrue par du trafic de marchandises.

Solothurn – Büren an der Aare: La ligne a été mise en service le 4 décembre 1876 par le SCB comme partie de la ligne Olten – Solothurn – Busswil et est connue sous le nom de « Gäubahn ». Toutefois, seule la construction et la date de mise en service sont communes, car dès le début, les lignes seront diamétralisées à Solothurn entre Olten et Bienne et entre (Lyss-) Busswil et Herzogenbuchsee. En raison du très faible nombre de voyageurs, les CFF supprimeront le service de voyageurs le 18 mai 1994. La ligne a été mise officiellement hors service en 2003 et est actuellement une (très) longue voie secondaire de la gare de Solothurn.

Sumiswald-Grünen – Wasen i. E.: Mise en service en 1908 par la compagnie du RSHB (Ramsei-Sumiswald-Huttwil-Bahn) et électrifiée en 1945 par le VHB (Vereinigte Huttwil Bahnen), l’exploitation de ce tronçon sera aussi remplacé par un bus en 1994. L’infrastructure existe encore, mais après sa mise hors service par le BLS en 2009, elle a été reprise par l’Emmentalbahn GmbH en 2013. Pour illustrer l’histoire ferroviaire du jour, je reprends la photo du 7 octobre 2014 avec la sortie de la gare de Sumiswald vers Huttwil à gauche et Ramsei à droite:

Deuxième voie entre Seidenberg et Melchenbühl

Même avec l’illustration ci-contre, il faut déjà bien connaître le réseau pour savoir où se trouvent les 700m de voie dont il est question aujourd’hui. La photo montre la transition entre la caténaire simple de type tram et la caténaire de pleine voie sur l’infrastructure du RBS, ligne Bern – Worb, via Muri.

On se trouve entre Muri et Seidenberg, sur une section à double voie depuis 2002, mais très proche de l’endroit où commençait la portion de double voie entre les arrêts de Seidenberg et de Melchenbühl. La deuxième voie sur ce tronçon a été mise en service le 22 mai 1977, il y a 41 ans aujourd’hui.

Au moment de la mise en double voie, l’infrastructure appartenant au VBW, Vereinigte Bern – Worb Bahnen (chemins de fer réunis Berne – Worb). Par la fusion avec le SZB, elle est devenu RBS (Regionalverkehr Bern – Solothurn). En revanche, l’exploitation de la ligne est maintenant conjointe entre le RBS et les trams de Berne (Bernmobil, SVB) en tant que ligne 6, Fischermätteli – Worb.

Les doubles voies du 30 avril

L’histoire ferroviaire du jour est consacrée aux deuxièmes voies. 5 tronçons ont été mis en service un 30 avril sur le réseau des CFF, mais des années différentes. Il s’agit de:

  • Brugg – Schinznach-Dorf, sur la ligne du Bözberg en 1905,
  • St-Maurice – Evionnaz, sur la ligne du Simplon en 1909,
  • Cressier – Le Landeron, sur la ligne du pied du Jura en 1915,
  • Taverne-Toricella – Lugano, y compris le deuxième tunnel de Massagno (924m) sur la ligne du Gothard en 1942 et
  • Busswil – Brügg sur la ligne Berne – Bienne, y compris le pont sur l’Aar (108m) en 1964.

Pour illustrer toutes ces doubles voies, un train de marchandise tracté par une Re 425 du BLS arrivant au bout de la rampe Brugg – Schinznach Dorf: