120 ans Fribourg-Morat

Ce Flirt TPF à la gare de Pensier durant la construction de la nouvelle gare de croisement pour permettre d’augmenter la cadence montre que les TPF aujourd’hui sont une entreprise avec un rôle important dans le trafic pendulaire autour de l’agglomération de Fribourg. Il y a 120 ans, il s’agissait avant-tout de créer une relation transversale dans le canton de Fribourg qui n’était alors que traversé longitudinalement par les différentes lignes ferroviaires.

La ligne du Fribourg-Morat (FM) a été mise en service il y a 120 ans, le 23 août 1898. De Fribourg à Givisiez, les trains du FM empruntaient la ligne de la Broye transversale mise en service par la compagnie du chemin de fer de Suisse occidentale (SO) en 1876.

Le FM sera prolongé 5 ans plus tard en 1903 jusqu’à Ins et s’appellera dès lors FMA (Fribourg-Morat-Anet). La même année il sera électrifié en courant continu avec prise de courant par troisième rail.

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Schweizerische Südostbahn (SOB)

Les lecteurs assidus de mes articles sur l’histoire ferroviaire se souviennent peut-être que j’avais évoqué la compagnie du chemin de fer du lac de Zurich au Gothard (Zürichsee – Gotthardbahn, ZGB) à l’occasion des 132 ans de la mise en service de la ligne de la digue de Rapperswil. Le but de cette compagnie était de permettre une liaision entre le Rapperswil et la ligne du Gothard en construction.

Comme bien souvent, les moyens financiers ont dicté le rythme des travaux et à défaut de capitaux, ils n’ont pas été poursuivi entre PFäffikon (SZ) et Arth-Goldau. Sur la pression de comités d’initiative et d’investisseur, il fut décidé en 1889 de fusionner le ZGB avec la compagnie Wädenswil-Einsiedeln (WE) et de mandater cette nouvelle entreprise d’achever la ligne entre Pfäffikon (SZ) et Samstagern et entre Biberbrugg et Arth-Goldau. La nouvelle société pris le nom de Schweizerische Südostbahn (SOB) et mit en service le reste de la ligne le 8 août 1891.

Précisons pour la petite histoire que ni le ZGB, ni le WE n’exploitaient eux-mêmes leurs lignes. Le WE avait confié l’exploitation au Nordostbahn (NOB) et le ZGB au concurrent, la société VSB (Vereinigte Schweizer Bahnen). La nouvelle SOB reprendra elle-même l’exploitation de ces lignes.

L’illustration montre une rame du Voralpen-Express arrivant à Arth-Goldau.

28 mai 1994: trois suppressions de service voyageur

L’histoire ferroviaire du jour n’est pas joyeuse pour un ferrovipathe, puisque je ne vais aujourd’hui parler que de suppressions de trafic. Ils s’agit des lignes suivantes:

Koblenz – Laufenburg: La ligne mise en service par la compagnie du Bözberg (BöB, Bözbergbahn) en 1892 et électrifiée en 1944 a été créée pour éviter la concurrence. En effet, pour relier Bâle à la région zürichoise, le passage le long du Rhin est plus court que le détour par le Bözberg et Baden. Les compagnies du chemin de fer du Nord-Est (Nord-Ost-Bahn, NOB) et la Schweizeriche Centralbahn (SCB), dont le BöB était une filiale commune voulaient rentabiliser l’investissement du tunnel du Bözberg et construisirent donc une ligne avec des disposition tarifaires spéciales pour obliger le trafic à passer par le Bözberg et bloquer ainsi la construction d’une ligne concurrente. La ligne est ainsi restée une ligne secondaire. Aujourd’hui, le trafic voyageur ne va que jusqu’à Laufenburg (terminus S1 du RER de balois), mais la ligne est encore régulièrement parcourrue par du trafic de marchandises.

Solothurn – Büren an der Aare: La ligne a été mise en service le 4 décembre 1876 par le SCB comme partie de la ligne Olten – Solothurn – Busswil et est connue sous le nom de “Gäubahn”. Toutefois, seule la construction et la date de mise en service sont communes, car dès le début, les lignes seront diamétralisées à Solothurn entre Olten et Bienne et entre (Lyss-) Busswil et Herzogenbuchsee. En raison du très faible nombre de voyageurs, les CFF supprimeront le service de voyageurs le 18 mai 1994. La ligne a été mise officiellement hors service en 2003 et est actuellement une (très) longue voie secondaire de la gare de Solothurn.

Sumiswald-Grünen – Wasen i. E.: Mise en service en 1908 par la compagnie du RSHB (Ramsei-Sumiswald-Huttwil-Bahn) et électrifiée en 1945 par le VHB (Vereinigte Huttwil Bahnen), l’exploitation de ce tronçon sera aussi remplacé par un bus en 1994. L’infrastructure existe encore, mais après sa mise hors service par le BLS en 2009, elle a été reprise par l’Emmentalbahn GmbH en 2013. Pour illustrer l’histoire ferroviaire du jour, je reprends la photo du 7 octobre 2014 avec la sortie de la gare de Sumiswald vers Huttwil à gauche et Ramsei à droite:

Les doubles voies du 30 avril

L’histoire ferroviaire du jour est consacrée aux deuxièmes voies. 5 tronçons ont été mis en service un 30 avril sur le réseau des CFF, mais des années différentes. Il s’agit de:

  • Brugg – Schinznach-Dorf, sur la ligne du Bözberg en 1905,
  • St-Maurice – Evionnaz, sur la ligne du Simplon en 1909,
  • Cressier – Le Landeron, sur la ligne du pied du Jura en 1915,
  • Taverne-Toricella – Lugano, y compris le deuxième tunnel de Massagno (924m) sur la ligne du Gothard en 1942 et
  • Busswil – Brügg sur la ligne Berne – Bienne, y compris le pont sur l’Aar (108m) en 1964.

Pour illustrer toutes ces doubles voies, un train de marchandise tracté par une Re 425 du BLS arrivant au bout de la rampe Brugg – Schinznach Dorf:

 

 

Un tunnel remplace un tracé sinueux

Le long du Walensee, il n’y a pas beaucoup de place pour les voies de communication. Lors de la construction de la ligne entre Zieglebrücke et Sargans, le VSB (Vereinigten Schweizerbahnen) a choisi un tracé sinueux qui longe le lac au plus prêt. La place n’étant pas suffisante pour construire la deuxième voie, les CFF ont alors choisi de construire un tunnel rectiligne entre la plaine de la Linth et Mühlehorn. Il s’agit du tunnel du Kerenzerberg, entre le lieu-dit Gäsi et Mülehorn, mis en service le 28 avril 1960. Le paradoxe de l’hitoire, c’est que le tunnel a été mis en service à une seule voie. La deuxième a suivi le 7.01.1961.

A la sortie du tunnel que l’on voit sur ma photo, la ligne continue tout droit jusqu’à l’ancienne gare de Weesen. Mais lors de la mise en service du tunnel, elle utilisait encore l’ancien tracé qui effectuait un grand S pour desservir le village de Weesen. Quelques années plus tard, en 1966 le tracé sera corrigé, mais restera encore à voie unique jusqu’en 1969 (18 mai 1969, double voie Gäsi – Ziegelbrücke).

L’ancien tracé sinueux le long du lac sera transferé à la route; aujourd’hui il est la voie Nord de l’autoroute A3 Chur – Zürich.

2.04.1895: achèvement de la “Seelinie”

Sous l’appellation “Seelinie” on désigne la ligne ferroviaire de Rorschach à Schaffhouse, le long du Lac de Constance et du Rhin. Elle n’a en réalité pas été construite comme une seule ligne, mais en plusieurs segments, parfois par des compagnies différentes.

La dernière partie de la ligne entre Etzwilen en Schaffhausen a été mise en service par le Nordostbahn (NOB) en 2 fois, d’abord d’Etzwilen à Feuerthalen le 1er novembre 1894, puis le 2 avril 1895 le dernier tronçon entre Feuerthalen en Schaffhausen. Sur cette dernière partie, la ligne traverse le Rhin sur le viaduc de Feuerthalen (262m) puis la colline du Munot par le tunnel de l’Emmerberg (761m). Ce sont les travaux de ce dernier qui avaient pris du retard en empêché la mise en service de l’ensemble de la ligne au 1.11.1894. La ligne a été électrifiée en 1945.

La photo montre le côté zurichois du viaduc de Feuerthalen – le Rhin est à cet endroit frontière cantonale – avec la transition entre l’ouvrage en maçonnerie et la partie centrale en acier riveté. La partie centrale est longue de 112m. On voit sur la partie en maçonnerie les bords de l’auge de béton construite lors de la dernière rénovation du viaduc en 2003-2005.

Une ligne internationale sous tension

Depuis 1960, les trains Zürich – Chur ainsi que les trains internationaux à destination de l’Autriche passe par le tunnel du Kerenzerberg en lieu et place de l’ancienne ligne le long du Walensee. C’est dans ce tunnel qu’a été prise la photo ci-contre. Pourtant, l’histoire ferroviaire du jour est bien plus ancienne, puisque c’est il y a 90 ans aujourd’hui, le 15.12.1927 que la traction électrique a débuté sur la ligne Richterswil – Sargans – Buchs (SG). Depuis Zürich, la ligne était déjà électrifiée depuis 1924 et le tronçon Buchs (SG) – Feldkirch depuis 1926. Ainsi, depuis le 15 décembre 1927, les trains internationaux à destination de l’Autriche purent être tractés électriquement.

Si j’ai choisi le tunnel du Kerenzenberg pour illustrer l’électrification de la ligne, c’est parce qu’il a été équipé il y a quelques années d’une caténaire rigide, qui a permis d’augmenter le profil d’espace libre et ainsi laisser passer les trains à 2 niveaux.

15 octobre 1877, Winterthur – Baden, sans passer par Zürich

J’ai déjà évoqué la concurrence entre le chemin de fer des bourgeois (NOB) et celui du peuple (SNB) a différentes reprises au cours de mes chroniques d’histoire ferroviaires, par exemple à l’occasion de la mise en service du raccordement Seebach – Oerlikon. L’histoire ferroviaire du jour nous replonge dans le contexte de concurrence entre les réseaux qui régnait à la fin du 19ème siècle. Il y a 140 ans aujourd’hui, le 15 octobre 1877 que la compagnie du Schweizerische Nationalbahn (SNB) mettait en service sa ligne Baden – Winterthur passant par Seebach, Kloten et Effretikon.

La concurrence entre le Nordostbahn (NOB) et le SNB était telle, que les deux compagnies n’avaient pas pu se mettre d’accord pour l’utilisation conjointe de tronçon pourtant commun. Ainsi entre Wettingen et Otelfingen, la ligne du SNB était parallèle à la ligne Wettingen – Niederglatt que le NOB avait mis en service 2 semaines auparavant, le 1er octobre 1877. Ce n’est que grâce à l’intervention de la Confédération que les gares furent exploitées en commun et les deux lignes parallèles comme une double voie. Notons au passage que la ligne SNB a subsisté, alors que le tronçon Otelfingen – Niederglatt a été supprimé en 1969.

Après Seebach, le NOB n’avait pas donné l’autorisation au SNB de construire le raccordement vers la gare d’Oerlikon, car cela aura permis au SNB d’accéder éventuellement à Zürich, sans avoir à effectuer de rebroussement. Après la nationalisation des compagnies, les CFF corrigeront cette aberration. Finalement entre Effretikon et Winterthur, le NOB n’acceptera pas que le SNB utilise son infrastructure et la voie SNB sera posée parallèle à la ligne NOB Zürich – Winterthur (par Wallisellen). Cette dernière étant à double voie depuis 1861/62, la voie SNB constituera une troisième voie entre Effretikon et Winterthur.

Après la faillite du SNB et sa reprise par le NOB en 1880, ce dernier supprimera cette troisième voie… qui aujourd’hui permettrait peut-être de résoudre certains problèmes de capacité sur cette ligne très chargée.

J’ai trouvé sur internet cette photo d’une carte de libre circulation sur les lignes du SNB valable le 13 octobre 1877, date à laquelle la ligne Winterthur – Baden a été inaugurée:

VRB – électrifié il y a 80 ans

Cette automotrice Bhe 2/4 n°3 fait a été commandée par la compagnie du chemin de fer Vitznau – Righi (VRB, Vitznau – Rigi – Bahn) pour l’électrification de la ligne. Après 66 ans de traction à vapeur, la traction électrique a démarré le 3 octobre 1937. Aux 3 automotrices Bhe 2/4 1-3 mises en service lors de l’électrification s’est ajouté en 1953 la Bhe 2/4 4. Ces automotrices sont encore en service les jours de grande affulence, à côté de la BDhe 4/4 5 de 1964 et les deux automotrices BDhe 4/4 21-22 de 1982.

La ligne à voie normale de 6.95 km est électrifiée en courant continu 1500V.