28 mai 1994: trois suppressions de service voyageur

L’histoire ferroviaire du jour n’est pas joyeuse pour un ferrovipathe, puisque je ne vais aujourd’hui parler que de suppressions de trafic. Ils s’agit des lignes suivantes:

Koblenz – Laufenburg: La ligne mise en service par la compagnie du Bözberg (BöB, Bözbergbahn) en 1892 et électrifiée en 1944 a été créée pour éviter la concurrence. En effet, pour relier Bâle à la région zürichoise, le passage le long du Rhin est plus court que le détour par le Bözberg et Baden. Les compagnies du chemin de fer du Nord-Est (Nord-Ost-Bahn, NOB) et la Schweizeriche Centralbahn (SCB), dont le BöB était une filiale commune voulaient rentabiliser l’investissement du tunnel du Bözberg et construisirent donc une ligne avec des disposition tarifaires spéciales pour obliger le trafic à passer par le Bözberg et bloquer ainsi la construction d’une ligne concurrente. La ligne est ainsi restée une ligne secondaire. Aujourd’hui, le trafic voyageur ne va que jusqu’à Laufenburg (terminus S1 du RER de balois), mais la ligne est encore régulièrement parcourrue par du trafic de marchandises.

Solothurn – Büren an der Aare: La ligne a été mise en service le 4 décembre 1876 par le SCB comme partie de la ligne Olten – Solothurn – Busswil et est connue sous le nom de “Gäubahn”. Toutefois, seule la construction et la date de mise en service sont communes, car dès le début, les lignes seront diamétralisées à Solothurn entre Olten et Bienne et entre (Lyss-) Busswil et Herzogenbuchsee. En raison du très faible nombre de voyageurs, les CFF supprimeront le service de voyageurs le 18 mai 1994. La ligne a été mise officiellement hors service en 2003 et est actuellement une (très) longue voie secondaire de la gare de Solothurn.

Sumiswald-Grünen – Wasen i. E.: Mise en service en 1908 par la compagnie du RSHB (Ramsei-Sumiswald-Huttwil-Bahn) et électrifiée en 1945 par le VHB (Vereinigte Huttwil Bahnen), l’exploitation de ce tronçon sera aussi remplacé par un bus en 1994. L’infrastructure existe encore, mais après sa mise hors service par le BLS en 2009, elle a été reprise par l’Emmentalbahn GmbH en 2013. Pour illustrer l’histoire ferroviaire du jour, je reprends la photo du 7 octobre 2014 avec la sortie de la gare de Sumiswald vers Huttwil à gauche et Ramsei à droite:

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Suppression du service voyageur Fleurier – St-Sulpice

La ligne ferroviaire Travers – St-Sulpice a été mise en service par le Régional du Val-de-Travers (RVT) le 24 septembre 1883. Trois ans plus tard, le 11 septembre 1886, la même compagnie mettra en service la branche Fleurier – Buttes.

Avec les années, la branche initiale Fleurier – St-Sulpice perdra de l’importance par rapport à celle de Buttes à tel point que l’exploitation du service voyageur sera supprimé le 2 juin 1973, il y a aujourd’hui 44 ans. Une desserte marchandise subsistera encore quelques années.

A l’occasion du centenaire de la ligne, le RVT organisa la circulation de trains à vapeur ce qui donnera l’élan initial à la création de l’association VVT (Vapeur Val-de-Travers). Cette dernière est maintenant propriétaire de l’infrastructure Fleurier – St-Sulpice et sa collection de machines à vapeur stationnées dans un dépôt construit vers l’ancienne gare de St-Sulpice.

Bonne année 2017

voeux2017

Que l’année 2017 vous apporte santé, joie et bonheur et plein de voyages en train. J’espère continuer de vous intéresser avec mes chroniques d’histoire ferroviaire. En 2017, nous nous intéresserons en particulier aux jubilaires suivants:

150 ans: rien à signaler en 1867!

125 ans: 1892 année des doubles voies au Gothard et des réseaux secondaires

Les centenaires sont peu nombreux, 1917 était encore pendant la première guerre mondiale.

  • Achèvement des lignes du BTI et du NStCM ainsi que du LMB.
  • Ouverture de la ligne de Schöllenen.

L’année 1942 verra l’électrification de quelques lignes dans la région zurichoise, du Furka-Oberalp entre Realp et Oberwald, du Franco-Suisse et des bords du lac de Brienz. C’est aussi l’année de la suppression de la ligne de Rigi Scheidegg.

1967 est l’année de la suppression des chemins de fer de Loèche-les-Bains et de Lugano-Tesserete et d’une partie du tram Lugano – Cadro -Dino. Sinon, il n’y a que des mises en double voie à signaler il y a 50 ans.

Finalement on notera pour 1992:

  • Deuxième ou troisième  voie: Samstagern – Schindeleggi, l’achèvement du doublement de la ligne du BLS SPiez – Brig, Löchligut – Bern Wylerfeld (3ème voie) et Binz -Friesenberg (SZU).
  • Remise en service du funiculaire de Muotas Muragl
  • Mise en service du tram Carouge – Bachet-de-Pesay
  • Suppression de lignes ou de trafic sur les lignes Beinweil – Beromünster, Herzogenbuchsee – Solothurn et du funiculaire Territet – Mont-Fleuri.

Le trafic de marchandises supprimé

DSC11905Cette étrange fosse à droite est un reste du trafic de marchandise qui circulait sur la ligne RBS entre Solothurn et Fraubrunnen. Elle se trouve à la gare de Lohn-Lüterkofen et il s’agit d’une fosse à bogies pour le transfert de wagons à voie normale sur une ligne métrique.

Les wagons à voie normale étaient en effet mis sur des bogies porteurs à Solothurn et acheminés ainsi jusqu’à Lohn Lüterkofen où ils étaient à nouveau déchargés. A Lohn-Lüterkofen ils étaient ensuite manoeuvrés à l’aide de treuils et de câbles.

A Fraubrunnen par contre, les voies desservices par le trafic de marchandises étaient métriques et il n’était pas nécessaire de décharger les wagons des bogies porteurs.

Le service de marchandise sur le RBS entre Solothurn et Fraubrunnen a pris fin le 15 décembre 2003, en même temps que le trafic marchandise sur la ligne du zentralbahn (zb, à l’époque encre CFF) entre Interlaken Ost et Meiringen ainsi que sur la ligne Meinrigen – Inertkirchen (MIB).

Fin du service de tram Bex-Bévieux

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Entre Bex et Bévieux, de même qu’entre Gryon et Villars (autrefois Chésières), la ligne du BVB (Bex-Villars-Bretaye, aujourd’hui TPC) était construite comme un tram. Elle était d’ailleurs partiellement exploitée ainsi entre Bex et Bévieux avec 9 arrêts intermédiaires (actuellement 6).

Le BVB utilisait pour ceci les automotrices à trois essieux Be 2/3 15 et 16, comme celle de la photo, prise à Villars. Ce service a été supprimé avec le changement d’horaire de décembre 2002.

La fin du Rive Bleue Express

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Quelques rails envahis par la végétation: il y a bien longtemps qu’aucun train ne circule sur cette ligne. Nous sommes à Evian, extrémité de la ligne du Tonkin. Après la suppression du trafic voyageur en 1938 et du trafic marchandise et 1988, c’est au tour du trafic touristique de disparaître le 27 septembre 1998…

Pour qu’un jour un train à nouveau puisse y circuler, une association s’engage: RER sud-Léman. Objectif? profiter de l’ouverture du CEVA et de la création du RER Franco-Valdo-Genevois pour redynamiser le sud Léman et offrir le trajet ferroviaire le plus court entre le Valais et Genüve par la rive sud du lac.

Voir aussi mon article du 13 juillet 2013.

Le début de la fin pour le Bellinzona – Mesocco

J’ai déjà parlé du chemin de fer Bellinzona – Mesocco (BM) au début du mois, avec la mise en service de la première partie de la ligne entre Bellinzona et Lostallo. L’article du jour est moins réjouissant, puisque 65 ans plus tard, le RhB met le petit train à la retraite: la première partie de la ligne entre Bellinzona et Castione – Arbedo est supprimée.

Le reste de la ligne entre Castione-Arbedo et Mesocco continuera d’être exploité pour le trafic de marchandises. En 1978, la ligne subira d’important dégats suite à de fortes pluies et sera amputée du tronçon Cama – Mesocco. Le trafic de marchandise continuera jusqu’en 2003, date de la suppression de toute utilisation commerciale.

L’histoire ne s’arrête pas tout à fait, l’infrastructure sera reprise par la société qui exploite depuis 1995 des trains touristiques (SEFT). Hélas, elle a du cesser son activité à fin 2013, la palteforme ferroviaire devant céder la place à un élargissement de la route… signifiant cette fois la fin définitive du chemin de fer Bellinzona – Mesocco.

J’illustre ceci avec cette photo du déferrement de la voie Nm sur mon module Moesa… avant qu’elle ne soit reposée plus à plat.

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Plus de trafic marchandise entre Boncourt et Delle depuis 20 ans

????????La grande halle marchandise de la gare de Delle rappelle une époque où cette gare frontière voyait passer un trafic de marchandises très important. Le trafic de voyageur international aussi fut très important sur cette ligne (voir son histoire ici).

Depuis le 30 juin 1993, il n’y a plus de trafic de marchandises transfrontalier à Delle et la gare de Delle sera fermée en 1996.

Les élus des régions frontalières soucieux de maintenir la liaison entre la Suisse et la France mettront tout en oeuvre pour remettre en service le trafic transfrontalier: depuis 2006, Delle est à nouveau le terminus des trains en provenance de Suisse. D’ici quelques années, la ligne sera réouverte jusqu’à Belfort, permettant une correspondance intéressante avec la LGV Rhin-Rhône au niveau de la gare de Belfort-Montbéliard TGV.

Blonay – Chamby, 2ème suppression du trafic voyageurs régulier

Il arrive parfois qu’une ligne soit supprimée et quelques années plus tard remise en fonction sur le même tracé ou sur un tracé quelque peu modifié. Il est plus rare que l’exploitation soit à nouveau supprimée quelques années plus tard. C’est pourtant le cas de la ligne entre Blonay et Chamby. Petit retour en arrière: en 1902, les chemins de fer électriques veveysans (CEV) mettent en service leur ligne Vevey – Blonay – Chamby. Le réseau sera complété en 1904 par la ligne St. Légier – Châtel-St. Denis (suppression en 1969) et en 1911 par le chemin de fer à crémaillère Blonay – Les Pléiades (BP).

Comme beaucoup d’autres chemins de fer, les années 1950 et 1960 ont été difficiles pour les CEV. Les contraintes pour un maintien de l’exploitation et les obligations de modernisations devinrent difficiles à tenir. Ainsi, l’exploitation du trafic voyageur sur la section Blonay – Chamby sera supprimée le 22 mai 1966.

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Automotrice série 7000 à Chamby

L’association historique du Blonay – Chamby (BC) a été crée rapidement après la suppression du trafic voyageur, si bien que deux ans plus tard, le premier train historique roulait sur la ligne. Avec le développement démographique de la Riviera, on pensa dès le début des années 1990 à réouvrir un service commercial entre Blonay et Chamby et offrir ainsi des possibilités de liaison Vevey – Chamby ou Montreux – Blonay en utilisant notamment le matériel commun de la série 7000. Dès le 24 mai 1998, le service régulier reprendra les jours ouvrables.

Faute de fréquentation, le service voyageur sera supprimé une deuxième fois il y a 13 ans, le 27 mai 2000.

Notons encore que l’infrastructure appartient aujourd’hui encore aux MVR, successeurs des CEV. Elle sert tant aux trains touristiques du BC qu’au transferts des trains MVR sur les ateliers MOB à Chernex par exemple ou de manière générale au transfert du matériel roulant ou de service entre les lignes.

25.09.1971: Suppression du trafic Sursee – Triengen

Le chemin de fer Sursee – Triengen (ST) est une de ces lignes suprenantes du réseau ferré suisse: A peine 9 kilomètres de long, se détachant d’une ligne principale et ne deservant que quelques villages de moindre importance.

En regardant la carte, on constate toutefois que la voie principale change de vallée après Sursee, en direction du Nord, tandis que la ligne du ST reste dans la vallée de la Suhre et s’arrête au dernier village du canton de Lucerne. Quelques km plus loin dans le canton d’Argovie, on trouve le terminus de la ligne métrique Aarau – Schöftland. Pourquoi ces deux lignes et pourquoi n’a-t-on jamais relié les deux réseaux? je vous en reparlerai dans quelques mois à l’occasion du centenaire du ST.

Aujourd’hui l’occasion est moins réjouissante: le 25 septembre 1971, le trafic de voyageurs a été supprimé sur la ligne Sursee – Triengen. A Sursee, les deux voies du ST qui aboutissaient sur une plaque sectorielle ont été supprimées, pour faire place à un abri à vélo. Il ne reste qu’un bout de voie se terminant sur un butoir:

“Ds blaue Bähnli” au coeur de la ville

Le “petit train bleu” de la ligne RBS G (actuellement ligne Bernmobil 6) se trouve à son terminus de Zytglogge. Cette voie en cul-de-sac a été mise en service il y a 15 ans, le 20 avril 1997.

Précédemment, les trams du RBS n’empruntaient l’infrastructure des SVB (Städtische Verkehrsbetriebe Bern) que jusqu’à Kirchenfeld où ils disposaient d’une boucle de retournement et d’un petit dépôt.

La tête de ligne à Zytglogge est maintenant aussi du passé, puisque la ligne est maintenant exploitée par Bernmobil (nom commercial des SVB) de Worb Dorf à Fischermätteli.