23 novembre 1912: Sursee-Triengen

La vallée de la Suhre est rurale et parsemée de petites industries. Au début du développement des lignes ferroviaires suisses, Aarau et les villages de la vallée avaient espéré que la liaison Bâle – Lucerne passe par Aarau et le Suhrental. Le SCB a choisi le passage du Hauenstein, Olten et la Vallée de la Wigger.

La vallée de la Suhre sera reliée au chemin de fer plusieurs décennies plus tard: d’abord du côté argovien de Schöftland à Aarau (Aarau – Schöftland, AS) par une ligne construite comme un tramway à voie métrique en 1901, puis du côté Lucernois par une ligne à voie normale entre Sursee et Triengen.

La ligne du chemine de fer Sursee-Triengen (ST), longue de près de 9 km a été mise en service le 23.11.1912, il y a 108 ans. Malgré de nombreuses études, la liaison entre Triengen et Schöftland n’a jamais été réalisée. Dans les années 60, une concession avait même été accordée pour construire le tronçon manquant et transformer la section Triengen – Sursee à voie métrique. Mais une forte augmentation de l’estimation des coûts du projet a anéanti celui-ci.

Afin d’éviter deux transbordements aux voyageurs, le service de bus Schöftland – Triengen a été étendu depuis le 26 septembre 1971 jusqu’à Sursee. Depuis cette date, la ligne du ST ne sert plus qu’au trafic de marchandises et pour des courses historiques comme la photo ci-dessus prise entre Geuensee et Büron-Bad Knutwil. La ligne n’a jamais été électrifiée, mais exploitée à la vapeur jusqu’en 1965 avant que le Diesel ne prenne le relais.

Notons encore que le tracé du ST a été modifié en 1978 alors que la ligne ne servait déjà plus qu’au trafic de marchandise: En prévision de la construction de l’autoroute, le passage dans la localité de Sursee par la halte de Sursee Stadt a été remplacé par un tracé contournant la petite ville et permettant aussi une meilleures desserte de la zone industrielle. La superposition de la carte de 1978 avec la carte actuelle (map.geo.admin.ch) montre l’ancien tracé (en noir) et le nouveau (en rouge) qui longe l’autoroute:

Bäretswil – Bauma devient ligne historique

Dès la suppression du trafic de voyageur entre Hinwil et Bauma en 1969, une association a été créée en vue d’offrir des courses historiques sur la ligne supprimée et la maintenir en état. Le DVZO (Dampfbahnverein Zürcher Oberland) était né. Il s’agissait en particulier de maintenir en état la section Bäretswil – Bauma, puisqu’entre Hinwil et Bäretswil, les CFF continuèrent d’exploiter la ligne pour du trafic de marchandises.

Le 6 mai 1978, l’exploitation de courses historiques a débuté sur cette ligne. Pour l’illustrer, voici l’Ed 3/3 401 « Bauma » sur le viaduc de Neuthal:

Suppression du trafic Niederglatt – Otelfingen

L’histoire ferroviaire du jour est peu spectaculaire, mais mérite tout-de-même une mention, particulièrement car elle concerne la concurrence entre le SNB et le NOB que j’ai déjà évoquée à plusieurs reprises. Je vous parle aujourd’hui de l’ancienne ligne Niederglatt – Otelfingen; plus précisément de la suppression du trafic sur cette ligne.

Le 18 janvier 1937, les CFF ont supprimé le trafic entre Niederglatt et Otelfingen. La ligne n’avait plus aucun sens depuis la nationalisation: elle n’avait en effet été construite par le NOB que pour concurrencer la ligne Seebach – Baden du SNB. L’infrastructure subsistera encore jusqu’en 1969, où elle sera définitivement supprimée. Il ne reste aujourd’hui que le début de la ligne à chacune de ses extrémités, comme voie de raccordement. En particulier côté Niederglatt elle est encore régulièrement utilisée pour la desserte des dépôts de carburants d’Oberhasli.

28 mai 1994: trois suppressions de service voyageur

L’histoire ferroviaire du jour n’est pas joyeuse pour un ferrovipathe, puisque je ne vais aujourd’hui parler que de suppressions de trafic. Ils s’agit des lignes suivantes:

Koblenz – Laufenburg: La ligne mise en service par la compagnie du Bözberg (BöB, Bözbergbahn) en 1892 et électrifiée en 1944 a été créée pour éviter la concurrence. En effet, pour relier Bâle à la région zürichoise, le passage le long du Rhin est plus court que le détour par le Bözberg et Baden. Les compagnies du chemin de fer du Nord-Est (Nord-Ost-Bahn, NOB) et la Schweizeriche Centralbahn (SCB), dont le BöB était une filiale commune voulaient rentabiliser l’investissement du tunnel du Bözberg et construisirent donc une ligne avec des disposition tarifaires spéciales pour obliger le trafic à passer par le Bözberg et bloquer ainsi la construction d’une ligne concurrente. La ligne est ainsi restée une ligne secondaire. Aujourd’hui, le trafic voyageur ne va que jusqu’à Laufenburg (terminus S1 du RER de balois), mais la ligne est encore régulièrement parcourrue par du trafic de marchandises.

Solothurn – Büren an der Aare: La ligne a été mise en service le 4 décembre 1876 par le SCB comme partie de la ligne Olten – Solothurn – Busswil et est connue sous le nom de « Gäubahn ». Toutefois, seule la construction et la date de mise en service sont communes, car dès le début, les lignes seront diamétralisées à Solothurn entre Olten et Bienne et entre (Lyss-) Busswil et Herzogenbuchsee. En raison du très faible nombre de voyageurs, les CFF supprimeront le service de voyageurs le 18 mai 1994. La ligne a été mise officiellement hors service en 2003 et est actuellement une (très) longue voie secondaire de la gare de Solothurn.

Sumiswald-Grünen – Wasen i. E.: Mise en service en 1908 par la compagnie du RSHB (Ramsei-Sumiswald-Huttwil-Bahn) et électrifiée en 1945 par le VHB (Vereinigte Huttwil Bahnen), l’exploitation de ce tronçon sera aussi remplacé par un bus en 1994. L’infrastructure existe encore, mais après sa mise hors service par le BLS en 2009, elle a été reprise par l’Emmentalbahn GmbH en 2013. Pour illustrer l’histoire ferroviaire du jour, je reprends la photo du 7 octobre 2014 avec la sortie de la gare de Sumiswald vers Huttwil à gauche et Ramsei à droite:

Suppression du service voyageur Fleurier – St-Sulpice

La ligne ferroviaire Travers – St-Sulpice a été mise en service par le Régional du Val-de-Travers (RVT) le 24 septembre 1883. Trois ans plus tard, le 11 septembre 1886, la même compagnie mettra en service la branche Fleurier – Buttes.

Avec les années, la branche initiale Fleurier – St-Sulpice perdra de l’importance par rapport à celle de Buttes à tel point que l’exploitation du service voyageur sera supprimé le 2 juin 1973, il y a aujourd’hui 44 ans. Une desserte marchandise subsistera encore quelques années.

A l’occasion du centenaire de la ligne, le RVT organisa la circulation de trains à vapeur ce qui donnera l’élan initial à la création de l’association VVT (Vapeur Val-de-Travers). Cette dernière est maintenant propriétaire de l’infrastructure Fleurier – St-Sulpice et sa collection de machines à vapeur stationnées dans un dépôt construit vers l’ancienne gare de St-Sulpice.

Bonne année 2017

voeux2017

Que l’année 2017 vous apporte santé, joie et bonheur et plein de voyages en train. J’espère continuer de vous intéresser avec mes chroniques d’histoire ferroviaire. En 2017, nous nous intéresserons en particulier aux jubilaires suivants:

150 ans: rien à signaler en 1867!

125 ans: 1892 année des doubles voies au Gothard et des réseaux secondaires

Les centenaires sont peu nombreux, 1917 était encore pendant la première guerre mondiale.

  • Achèvement des lignes du BTI et du NStCM ainsi que du LMB.
  • Ouverture de la ligne de Schöllenen.

L’année 1942 verra l’électrification de quelques lignes dans la région zurichoise, du Furka-Oberalp entre Realp et Oberwald, du Franco-Suisse et des bords du lac de Brienz. C’est aussi l’année de la suppression de la ligne de Rigi Scheidegg.

1967 est l’année de la suppression des chemins de fer de Loèche-les-Bains et de Lugano-Tesserete et d’une partie du tram Lugano – Cadro -Dino. Sinon, il n’y a que des mises en double voie à signaler il y a 50 ans.

Finalement on notera pour 1992:

  • Deuxième ou troisième  voie: Samstagern – Schindeleggi, l’achèvement du doublement de la ligne du BLS SPiez – Brig, Löchligut – Bern Wylerfeld (3ème voie) et Binz -Friesenberg (SZU).
  • Remise en service du funiculaire de Muotas Muragl
  • Mise en service du tram Carouge – Bachet-de-Pesay
  • Suppression de lignes ou de trafic sur les lignes Beinweil – Beromünster, Herzogenbuchsee – Solothurn et du funiculaire Territet – Mont-Fleuri.

Le trafic de marchandises supprimé

DSC11905Cette étrange fosse à droite est un reste du trafic de marchandise qui circulait sur la ligne RBS entre Solothurn et Fraubrunnen. Elle se trouve à la gare de Lohn-Lüterkofen et il s’agit d’une fosse à bogies pour le transfert de wagons à voie normale sur une ligne métrique.

Les wagons à voie normale étaient en effet mis sur des bogies porteurs à Solothurn et acheminés ainsi jusqu’à Lohn Lüterkofen où ils étaient à nouveau déchargés. A Lohn-Lüterkofen ils étaient ensuite manoeuvrés à l’aide de treuils et de câbles.

A Fraubrunnen par contre, les voies desservices par le trafic de marchandises étaient métriques et il n’était pas nécessaire de décharger les wagons des bogies porteurs.

Le service de marchandise sur le RBS entre Solothurn et Fraubrunnen a pris fin le 15 décembre 2003, en même temps que le trafic marchandise sur la ligne du zentralbahn (zb, à l’époque encre CFF) entre Interlaken Ost et Meiringen ainsi que sur la ligne Meinrigen – Inertkirchen (MIB).

Fin du service de tram Bex-Bévieux

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Entre Bex et Bévieux, de même qu’entre Gryon et Villars (autrefois Chésières), la ligne du BVB (Bex-Villars-Bretaye, aujourd’hui TPC) était construite comme un tram. Elle était d’ailleurs partiellement exploitée ainsi entre Bex et Bévieux avec 9 arrêts intermédiaires (actuellement 6).

Le BVB utilisait pour ceci les automotrices à trois essieux Be 2/3 15 et 16, comme celle de la photo, prise à Villars. Ce service a été supprimé avec le changement d’horaire de décembre 2002.

La fin du Rive Bleue Express

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Quelques rails envahis par la végétation: il y a bien longtemps qu’aucun train ne circule sur cette ligne. Nous sommes à Evian, extrémité de la ligne du Tonkin. Après la suppression du trafic voyageur en 1938 et du trafic marchandise et 1988, c’est au tour du trafic touristique de disparaître le 27 septembre 1998…

Pour qu’un jour un train à nouveau puisse y circuler, une association s’engage: RER sud-Léman. Objectif? profiter de l’ouverture du CEVA et de la création du RER Franco-Valdo-Genevois pour redynamiser le sud Léman et offrir le trajet ferroviaire le plus court entre le Valais et Genüve par la rive sud du lac.

Voir aussi mon article du 13 juillet 2013.

Le début de la fin pour le Bellinzona – Mesocco

J’ai déjà parlé du chemin de fer Bellinzona – Mesocco (BM) au début du mois, avec la mise en service de la première partie de la ligne entre Bellinzona et Lostallo. L’article du jour est moins réjouissant, puisque 65 ans plus tard, le RhB met le petit train à la retraite: la première partie de la ligne entre Bellinzona et Castione – Arbedo est supprimée.

Le reste de la ligne entre Castione-Arbedo et Mesocco continuera d’être exploité pour le trafic de marchandises. En 1978, la ligne subira d’important dégats suite à de fortes pluies et sera amputée du tronçon Cama – Mesocco. Le trafic de marchandise continuera jusqu’en 2003, date de la suppression de toute utilisation commerciale.

L’histoire ne s’arrête pas tout à fait, l’infrastructure sera reprise par la société qui exploite depuis 1995 des trains touristiques (SEFT). Hélas, elle a du cesser son activité à fin 2013, la palteforme ferroviaire devant céder la place à un élargissement de la route… signifiant cette fois la fin définitive du chemin de fer Bellinzona – Mesocco.

J’illustre ceci avec cette photo du déferrement de la voie Nm sur mon module Moesa… avant qu’elle ne soit reposée plus à plat.

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Plus de trafic marchandise entre Boncourt et Delle depuis 20 ans

????????La grande halle marchandise de la gare de Delle rappelle une époque où cette gare frontière voyait passer un trafic de marchandises très important. Le trafic de voyageur international aussi fut très important sur cette ligne (voir son histoire ici).

Depuis le 30 juin 1993, il n’y a plus de trafic de marchandises transfrontalier à Delle et la gare de Delle sera fermée en 1996.

Les élus des régions frontalières soucieux de maintenir la liaison entre la Suisse et la France mettront tout en oeuvre pour remettre en service le trafic transfrontalier: depuis 2006, Delle est à nouveau le terminus des trains en provenance de Suisse. D’ici quelques années, la ligne sera réouverte jusqu’à Belfort, permettant une correspondance intéressante avec la LGV Rhin-Rhône au niveau de la gare de Belfort-Montbéliard TGV.