Biasca – Bodio, il y a 125 ans

Il y a un peu plus d’un mois, je vous parlais de la mise en double voie du pied de la rampe Nord du Gothard. Aujourd’hui, c’est de l’équivalent Sud que je vais vous parler. Biasca est en effet au Sud ce qu’Erstfeld est au Nord: la dernière gare au pied de la rampe. Tout comme Erstfeld, elle était dotée d’un important dépôt car c’est à partir de là que la traction était renforcée pour monter jusqu’un tunnel de faîte.

Contrairement à la rampe Nord qui a été mise en double voie du bas vers le haut, la rampe Sud l’a été du haut vers le bas. Bodio-Biasca mis en double voie il y a 125 ans, le 15 mai 1892 est ainsi la dernière partie à forte pente mise en double voie.

Pour illustrer ceci, la photo montre une voiture panoramique à Biasca. Elle porte la nouvelle livrée “ligne panoramique”, nouveau nom de l’ancienne ligne et spécialement redécoré pour les IR “Weekender” du Gothard.

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Le pied de la rampe en double voie

dsc20042Erstfeld était jusqu’en décembre 2016 le point de départ des rampes du Gothard du côté Nord. C’est encore le cas, mais la très grande majorité du trafic passe par le tunnel de base du Gothard qui commence avant Erstfeld. Après avoir construit le tunnel et les deux lignes d’accès, la société du chemin de fer du Gothard Gotthardbahn c’est très vite attaquée au doublement de la ligne, petit bout par petit bout. La première partie de la rampe Nord entre Erstfeld et Amsteg-Silenen a été mise en double voie le 9 avril 1893. La suite entre Amsteg et Gurtnellen suivra un peu plus d’un mois plus tard.

Bonne année 2017

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Que l’année 2017 vous apporte santé, joie et bonheur et plein de voyages en train. J’espère continuer de vous intéresser avec mes chroniques d’histoire ferroviaire. En 2017, nous nous intéresserons en particulier aux jubilaires suivants:

150 ans: rien à signaler en 1867!

125 ans: 1892 année des doubles voies au Gothard et des réseaux secondaires

Les centenaires sont peu nombreux, 1917 était encore pendant la première guerre mondiale.

  • Achèvement des lignes du BTI et du NStCM ainsi que du LMB.
  • Ouverture de la ligne de Schöllenen.

L’année 1942 verra l’électrification de quelques lignes dans la région zurichoise, du Furka-Oberalp entre Realp et Oberwald, du Franco-Suisse et des bords du lac de Brienz. C’est aussi l’année de la suppression de la ligne de Rigi Scheidegg.

1967 est l’année de la suppression des chemins de fer de Loèche-les-Bains et de Lugano-Tesserete et d’une partie du tram Lugano – Cadro -Dino. Sinon, il n’y a que des mises en double voie à signaler il y a 50 ans.

Finalement on notera pour 1992:

  • Deuxième ou troisième  voie: Samstagern – Schindeleggi, l’achèvement du doublement de la ligne du BLS SPiez – Brig, Löchligut – Bern Wylerfeld (3ème voie) et Binz -Friesenberg (SZU).
  • Remise en service du funiculaire de Muotas Muragl
  • Mise en service du tram Carouge – Bachet-de-Pesay
  • Suppression de lignes ou de trafic sur les lignes Beinweil – Beromünster, Herzogenbuchsee – Solothurn et du funiculaire Territet – Mont-Fleuri.

Le viaduc de la Lorraine a 75 ans

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De la sortie de la gare principale de Berne jusqu’à la gare de Bern-Wankdorf, il y a aujourd’hui 4 voies qui passent sur le viaduc de la Lorraine, long de 1080m. Il était le plus long pont du réseau ferré suisse, lors de sa mise en service et jusqu’à la construction du viaduc du Hardturm en 1977. (depuis, il y a d’autres ponts plus longs). Le viaduc et les 4 voies jusqu’à Wylerfeld ont été construites en remplacement de l’ancien Pont rouge et de la ligne à double voie dans le quartier de la Lorraine. La mise en service a eu lieu il y a 75 ans, le 31 août 1941.

Deuxième voie Rotkreuz – Immensee

DSC18932L’histoire ferroviaire n’est pas toujours spéctaculaire. Aujourd’hui il y a 53 ans, le 12 août 1963, les CFF mettaient en service la deuxième voie Rotkreuz – Immensee. Sans celle-ci, la photo de cet ETR 610 Trenitalia dépassant un train spécial dans lequel je me trouvais n’aurait pas été possible… mais ce petit bout de double voie est avant tout capital car il se situe sur l’axe principal de transit Nord-Sud de marchandises par le Gothard.

Ligne nouvelle Salgesch – Leuk

Dans le cadre du programme Rail 2000, plusieurs tronçons ont été aménagés pour permettre des vitesses supérieures lorsque la ligne historique était trop sinueuse. C’est le cas notamment de la ligne du Simplon entre Salgesch et Leuk qui slalomait sur une voie unique le long du Rhône. Elle a été remplacée par une ligne à double voie de près de 7 kilomètres sur laquelle les trains roulent aujourd’hui à 160 km/h. Deux tunnels furent nécessaires, celui de Varen (2799m) et celui de Leuk (1385m) séparés par le Pont sur la Dala. La gare de Leuk a aussi été complètement reconstruite à cette occasion.

La mise en service de ce tronçon a eu lieu le 11 juillet 2004, quelques mois avant l’entrée en vigueur de l’horaire “Rail 2000”.

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Les réseaux suisse et français réunis

Le chemin de fer venant de France a atteint Bâle-St-Jean (Basel St. Johann) le 15 juin 1844 et 10 ans plus tard le SCB (Schweizerische Centralbahn) a mis en service le tronçon Basel – Liestal. Mais il faudra attendre encore 6 ans pour que les deux réseaux soient réunis. La liaison Basel St. Johann – Basel a été mise en service le 15 juin 1860 par la compagnie du chemin de fer de l’EST. La ligne empruntait à l’époque le “Birsigviadukt”. Ce n’est qu’en 1901 que le train empruntera le tracé actuel et que le viaduc deviendra routier.

La gare du Centralbahn devient alors une gare commune au SCB et aux chemins de fer de l’Est. Lors de la construction de la nouvelle gare de Bâle (1907), la partie française y sera construite attenante mais séparée, avec des voies en cul-de-sac que l’on atteint en traversant les locaux de la douane et un immense hall en général vide:

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Le triangle de Löchligut

DSC14635A l’instar du triangle d’Archy dont je vous parlais il y a quelques jours et qui permet d’éviter Lausanne, le raccordement Löchligut – Wankdorf permet au trafic de marchandises transitant d’éviter le rebroussement en gare de Berne. Jusqu’à 8 trains de marchandises par heure empruntent cette liaison directe vers Ostermundigen, en direction de la ligne du Lötschberg.

Les deux Re 4/4 BLS et la R465 vont s’engager sur ce raccordement qui a été mis en service, en double voie et électrifié le 21 mai 1967.

5 mai 1856: Le triangle d’Archy est fermé

Je trouve amusant certains noms de lieux ferroviaires que le cheminots et amateurs de chemins de fer connaissent, mais qui n’ont aucune signification pour le profane. Je pense par exemple à Niedelbad (bifurcation dans le tunnel du Zimmerberg en prévision de son prolongement), à Gexi (bifurcation à l’Est de Lenzburg en direction du Südbahn ou de la ligne du Hauenstein) ou à Löchligut près de Berne ou encore à Archy. Archy, c’est le nom d’un lieu-dit que l’on peut lire sur de vieilles cartes, à mi-chemin entre Renens et Bussigny.

Archy, c’est donc d’un point de vue ferroviaire le triangle formé par les lignes Renens – Bussigny, Renens – Morges et le “by-pass” Bussigny – Morges.

La compagnie du chemin de fer Ouest Suisse (OS) a mis en service la ligne Bussigny – Yverdon le 7 mai 1855 et deux mois plus tard, le 1er juillet, Bussigny – Renens et Renens – Morges. Il faudra attendre encore une année pour fermer le triangle d’Archy avec la mise en service de ce qu’on appelle aujourd’hui le by-pass (liaison directe Pied-du-Jura – Genève, sans passer par le start, tu ne touche pas les 4000 francs de salaire Lausanne). La deuxième voie sur Renens – Morges date de 1879 et sera mise en service le 1er juin 1897 entre Bussigny et Renens, en même temps que le “by-pass” sera rétrogradé au rang de voie de débord. La troisième branche du triangle est encore à voie unique.

Plus important que la liaison Morges  – Bussigny qui ne serait exploitée que durant 11 ans avant un long sommeil de plus d’un siècle, l’OS a mis en service le même jour la liaison Renens – Lausanne.