Tramelan – Tavannes (TT) il y a 135 ans

Le chemin de fer Tramelan – Tavannes (TT) fête aujourd’hui 135 ans. Cette petite ligne de moins de 9 km a en effet été mise en service le 16 août 1884. Elle avait pour but essentiel de relier Tramelan au chemin de fer. Depuis 1874 en effet, la ligne Sonceboz-Sombeval – Moutier passait à Tavannes.

La ligne sera électrifiée en 1913 à l’occasion de la mise en service du Tramelan – Breuleux – Noirmont (TBN). Les deux lignes seront dès le début exploitées en commun et fusionneront d’ailleurs en 1927.

La photo montre une des 3 locomotives achetées à l’occasion de la mise en service, la G 2/2 2. (Photo d’auteur inconnu trouvée sur wikipedia).

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La ligne du Bözberg a 144 ans

Afin de raccourcir le trajet entre Zürich et Bâle en évitant le détour par Olten et la ligne du Hauenstein, les compagnies Schweizerische Nordostbahn (NOB) et schweizerische Centralbahn (SCB) ont constitué créé la société du chemin de fer du Bözberg (Bözbergbahn BöB) avec pour but de construire une ligne ferroviaire entre Brugg et Pratteln par le Fricktal et raccourcir ainsi le trajet entre Zürich et Bâle. La ligne du Bözberg a été mise en service le 2 août 1875.

Le point culminant de la ligne est à Effingen à 461m d’altitude, au portail ouest du tunnel du Bözberg (2526m), ouvrage le plus important de la ligne. Outre le tunnel du Bözberg, l’autre ouvrage majeur de la ligne est le pont sur l’Aar à Brugg.

Cette ligne est aujourd’hui empruntée notamment par le trafic de marchandise de transit Nord-Sud par l’axe du Saint-Gothard. Pour cette raison, elle est en cours d’adaptation pour permettre le passage de trains transportant des camions avec une hauteur maximale de 4 mètres (Corridor 4m). Dans le cadre de ces adaptations, un nouveau tunnel du Bözberg est creusé, parallèle à l’ancien qui servira alors de galerie de secours.

Pour illustrer l’histoire ferroviaire du jour, voici une vue de l’ancienne gare de Schinznach Dorf (Bötzenegg lors de l’ouverture de la ligne) près du portail est du tunnel du Bözberg.

1er août 1926: Meiringen – Innertkirchen

La ligne de chemin de fer aujourd’hui connue sous le nom de Meiringen – Innertkirchen – Bahn (MIB) a été construite comme ligne industrielle par les forces motrices de l’Oberhasli (Kraftwerke Oberhasli AG, KWO). La ligne d’à peine 5km de long a été mise en service le 1er août 1926 pour le transport de matérieux pour la construction des barrages et usines électriques des KWO, ainsi que pour le transport des ouvriers et de leurs familles. Ce n’est que 20 ans plus tard, le 6 mai 1946, que la ligne recevra une concession et sera ouverte au public.

23 mai 1871, le premier train de montagne de Suisse et d’Europe

Aujourd’hui le plus vieux chemin de fer de montagne d’Europe fête 148 ans. Il s’agit du chemin de fer du Righi en Suisse. La ligne Vitznau – Rigi Staffelhöhe a été mise en service le 23 mai 1871. (Comme j’écris les noms de gare en principe selon leur orthographe officielle, j’utilise par nommer les gares l’orthographe allemande Rigi, alors que pour parler de la montagne, j’utilise la version français Righi). Ce premier chemin de fer de montagne ne fut toutefois pas le premier chemin de fer à crémaillère. En effet, la ligne des carrières d’Ostermundigen a été mise en service en 1870 déjà, mais pour des raisons de marketing, sa mise en service officielle a été reportée à octobre 1871 (ainsi c’est le chemin de fer du Righi qui a officiellement le titre de premier chemin de fer de montagne à crémaillère d’Europe).

Si la ligne s’arrêtait à Rigi Staffelhöhe, c’est parce que cette station se situe juste avant la frontière cantonale (LU/SZ). Le chemin de fer du Righi (Rigibahn, VR) avait une concession du canton de Lucerne, mais pas du canton de Schwyz. La ligne sera prolongée jusqu’à Rigi Kulm par le chemin de fer Arth – Righi (Arth-Rigi-Bahn, ARB) en 1873. En même temps, le Rigibahn sera renommé Vitznau-Rigi-Bahn (VRB). Jusqu’à la fusion des deux entreprises en 1992, le VRB roulera sur la voie de l’ARB entre Staffelhöhe et Kulm. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1990 qu’une bretelle de voie fut construite à Rigi Staffel pour relier les deux lignes. Jusqu’à cette date, la seule liaison était un “pont transbordeur” à Rigi Kulm, devant le dépôt commun aux deux entreprises.

Pour illustrer cet anniversaire, voici une photo de la H 1/2 7, datant de 1873. Elle est de construction similaires aux premières locomotives mises en service en 1871. Je l’ai photographiée en 2009 à l’occasion d’un festival de la vapeur à Arth-Goldau.

Un saut-de-mouton en prévision de la ligne de l’aéroport

A Châtelaine: à gauche la voie alimentée en courant français (25kV 50Hz) en provenance de Bellegarde – La Plaine et à droite les deux voies en provenance de Genève-Aéroport alimentées en courant suisse (15 kV 17Hz), dont l’une avec une caténaire commutable depuis 2017. En gare de Genève, les voies dédiées au trafic français sont de l’autre côté des voies suisses. Dès lors, avant de pouvoir mettre en service la ligne de l’aéroport, il a fallu construire un saut-de-mouton. La ligne française passe sous les voies suisses (on devine d’ailleurs que la voie de gauche commence de descendre par rapport aux deux autres voies), en tunnel, dans la tranchée couverte de St-Jean.

Ce saut-de-mouton a été mis en service le 18 mai 1986. A la même date, les deux étant liés, une deuxième voie a été mise en service entre St-Jean et la Jonction.

1.02.1876: Bischofszeller Bahn

Le chemin de fer Sulgen – Gossau (SG), aussi connu sous le nom de Bischofszeller Bahn relie la bourgade de Bischofszell à St. Gall via Gossau au sud et au Thurtal au Nord, où il rejoint à Sulgen, la ligne Weinfelden – Romanshorn. Bien que juridiquement indépendante, cette ligne de 23km a dès le départ été affermée à la compagnie du NOB (Nord-Ost Bahn) qui l’a exploitée jusqu’à sa nationalisation en 1902.

Deux ouvrages d’art marquent la ligne, d’une part le pont sur le Sornbach près de Hauptwil, et d’autre part le pont sur la Sitter, près de Sitterdorf, entre Bischofszell Stadt et Bischofszell Nord, illustré ci-dessous. Les deux ouvrages en poutrelles d’acier ont toujours été un facteur limitatif à l’exploitation de la ligne. Le trafic de marchandise issu des industries de Bischofszell a dès lors toujours circulé en direction de Sulgen. Aujourd’hui la ligne est essentiellement parcourue par les trains du S-Bahn de St. Gall.

La première partie de la ligne entre Sulgen et Bischofszell Stadt a été mise en service le 1er février 1876. Le deuxième tronçon entre Bischofszell et Gossau suivra le 5 juillet de la même année. L’illustration présente une interprétation libre du pont sur la Sitter près de Sitterdorf avec la C 2/2 226 et son train à destination de Gossau.

Un tram aux pieds de Guillaume

Je vous ai déjà parlé du tram méconnu Altdorf-Flüelen (AF) 61 ans après sa suppression. Pour que l’histoire soit complète, il convient ici d’évoquer sa mise en service, le 25 août 1906. Le terminus du tram se situait au pied du célèbre monument de Guillaume Tell à Altdorf. Il donnait au chef-lieu cantonal un accès à la gare de Flüelen où s’arrêtaient les trains directs ainsi que la correspondance lacustre.

Et puisque nous évoquons l’histoire ferroviaire du jour, à l’heure de publier cet article, le nouveau tunnel de Rosshäusern sur la ligne Bern – Neuchâtel est inauguré.

120 ans Fribourg-Morat

Ce Flirt TPF à la gare de Pensier durant la construction de la nouvelle gare de croisement pour permettre d’augmenter la cadence montre que les TPF aujourd’hui sont une entreprise avec un rôle important dans le trafic pendulaire autour de l’agglomération de Fribourg. Il y a 120 ans, il s’agissait avant-tout de créer une relation transversale dans le canton de Fribourg qui n’était alors que traversé longitudinalement par les différentes lignes ferroviaires.

La ligne du Fribourg-Morat (FM) a été mise en service il y a 120 ans, le 23 août 1898. De Fribourg à Givisiez, les trains du FM empruntaient la ligne de la Broye transversale mise en service par la compagnie du chemin de fer de Suisse occidentale (SO) en 1876.

Le FM sera prolongé 5 ans plus tard en 1903 jusqu’à Ins et s’appellera dès lors FMA (Fribourg-Morat-Anet). La même année il sera électrifié en courant continu avec prise de courant par troisième rail.

Schweizerische Südostbahn (SOB)

Les lecteurs assidus de mes articles sur l’histoire ferroviaire se souviennent peut-être que j’avais évoqué la compagnie du chemin de fer du lac de Zurich au Gothard (Zürichsee – Gotthardbahn, ZGB) à l’occasion des 132 ans de la mise en service de la ligne de la digue de Rapperswil. Le but de cette compagnie était de permettre une liaision entre le Rapperswil et la ligne du Gothard en construction.

Comme bien souvent, les moyens financiers ont dicté le rythme des travaux et à défaut de capitaux, ils n’ont pas été poursuivi entre PFäffikon (SZ) et Arth-Goldau. Sur la pression de comités d’initiative et d’investisseur, il fut décidé en 1889 de fusionner le ZGB avec la compagnie Wädenswil-Einsiedeln (WE) et de mandater cette nouvelle entreprise d’achever la ligne entre Pfäffikon (SZ) et Samstagern et entre Biberbrugg et Arth-Goldau. La nouvelle société pris le nom de Schweizerische Südostbahn (SOB) et mit en service le reste de la ligne le 8 août 1891.

Précisons pour la petite histoire que ni le ZGB, ni le WE n’exploitaient eux-mêmes leurs lignes. Le WE avait confié l’exploitation au Nordostbahn (NOB) et le ZGB au concurrent, la société VSB (Vereinigte Schweizer Bahnen). La nouvelle SOB reprendra elle-même l’exploitation de ces lignes.

L’illustration montre une rame du Voralpen-Express arrivant à Arth-Goldau.

2.04.1895: achèvement de la “Seelinie”

Sous l’appellation “Seelinie” on désigne la ligne ferroviaire de Rorschach à Schaffhouse, le long du Lac de Constance et du Rhin. Elle n’a en réalité pas été construite comme une seule ligne, mais en plusieurs segments, parfois par des compagnies différentes.

La dernière partie de la ligne entre Etzwilen en Schaffhausen a été mise en service par le Nordostbahn (NOB) en 2 fois, d’abord d’Etzwilen à Feuerthalen le 1er novembre 1894, puis le 2 avril 1895 le dernier tronçon entre Feuerthalen en Schaffhausen. Sur cette dernière partie, la ligne traverse le Rhin sur le viaduc de Feuerthalen (262m) puis la colline du Munot par le tunnel de l’Emmerberg (761m). Ce sont les travaux de ce dernier qui avaient pris du retard en empêché la mise en service de l’ensemble de la ligne au 1.11.1894. La ligne a été électrifiée en 1945.

La photo montre le côté zurichois du viaduc de Feuerthalen – le Rhin est à cet endroit frontière cantonale – avec la transition entre l’ouvrage en maçonnerie et la partie centrale en acier riveté. La partie centrale est longue de 112m. On voit sur la partie en maçonnerie les bords de l’auge de béton construite lors de la dernière rénovation du viaduc en 2003-2005.

Un tram pour rejoindre le funiculaire

Des trams dans la région de Zug, mes lecteurs en ont déjà entendu parlé, il y a quelques années. Aujourd’hui j’aimerais évoquer une petite ligne qui n’a pas été construite et exploitée par les tramways électriques du canton de Zug (ESZ: Elektrische Strassenbahn im Kanton Zug), mais par la compagnie du chemin de fer du Zugerberg (Zugerbergbahn, ZBB). Le ZBB a construit un funiculaire entre Schönegg et le Zugerberg qu’il mettra en service le 14 mai 1907. Pour permettre aux citadins d’atteindre confortablement la station inférieure du funiculaire à Schönegg, il construira aussi une ligne de tram entre Zug et Schönegg. Celle-ci a été mise en service le 20 mars 1907, il y a aujourd’hui 111 ans.

Le ZBB exploitera aussi la ligne des ESZ de Baar à Zug dès 1914, diamétralisée avec celle de Zug à Schönegg. Dans le vent de modernisation et d’élargissement des routes dans les années 50, les trams seront supprimés dans le canton de Zug. La ligne de Schönegg en dernier, le 10 mai 1959. Le funiculaire est resté et a été modernisé plusieurs fois, la dernière fois en 2009, pour devenir une installation totalement automatique. Dans ce cadre, la station inférieure a aussi été remplacée par un bâtiment moderne.

Pour illustrer l’histoire ferroviaire d’aujourd’hui, j’ai fait un petit montage avec un dessin du tram, posé sur une image moderne (source google streetview), du tram arrivant à la station inférieure.