5 mai 1856: Le triangle d’Archy est fermé

Je trouve amusant certains noms de lieux ferroviaires que le cheminots et amateurs de chemins de fer connaissent, mais qui n’ont aucune signification pour le profane. Je pense par exemple à Niedelbad (bifurcation dans le tunnel du Zimmerberg en prévision de son prolongement), à Gexi (bifurcation à l’Est de Lenzburg en direction du Südbahn ou de la ligne du Heitersberg) ou à Löchligut près de Berne ou encore à Archy. Archy, c’est le nom d’un lieu-dit que l’on peut lire sur de vieilles cartes, à mi-chemin entre Renens et Bussigny.

Archy, c’est donc d’un point de vue ferroviaire le triangle formé par les lignes Renens – Bussigny, Renens – Morges et le “by-pass” Bussigny – Morges.

La compagnie du chemin de fer Ouest Suisse (OS) a mis en service la ligne Bussigny – Yverdon le 7 mai 1855 et deux mois plus tard, le 1er juillet, Bussigny – Renens et Renens – Morges. Il faudra attendre encore une année pour fermer le triangle d’Archy avec la mise en service de ce qu’on appelle aujourd’hui le by-pass (liaison directe Pied-du-Jura – Genève, sans passer par le start, tu ne touche pas les 4000 francs de salaire Lausanne). La deuxième voie sur Renens – Morges date de 1879 et sera mise en service le 1er juin 1897 entre Bussigny et Renens, en même temps que le “by-pass” sera rétrogradé au rang de voie de débord. La troisième branche du triangle est encore à voie unique.

Plus important que la liaison Morges  – Bussigny qui ne serait exploitée que durant 11 ans avant un long sommeil de plus d’un siècle, l’OS a mis en service le même jour la liaison Renens – Lausanne.

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Les 150 ans, c’est aujourd’hui!

Les CFF ont organisé les 25 et 26 septembre de cette année une grande fête pour les 150 ans des chemins de fer dans l’arc jurassien et l’achèvement de la ligne du pied du Jura. Pourtant, le vrai 150ème, c’est aujourd’hui. En effet, le réseau “romand” s’arrêtait à la frontière entre les cantons de Berne et Neuchâtel avec une gare provisoire au bord du Lac de Bienne depuis le 7 novembre 1859 à un lieu-dit “Frienisberg”. Le réseau “allémanique” s’arrêtait à Bienne avec une ligne provisoire jusqu’au bord du Lac à Nidau (ligne ouverte le 1.8.1858 puis supprimée le 10.12.1860).

Les voyageurs et les marchandises devaient prendre le train jusqu’à Frienisberg, puis le bâteau jusqu’à Nidau et de là à nouveau le train. cette situation a duré jusqu’au 3 décembre 1860, lorsque la compagnie du chemin de fer Est-Ouest (Ost-West-Bahn OWB) a mis en service le tronçon manquant entre la frontière cantonale et Bienne. C’est à partir de ce moment que la ligne du pied du Jura est achevée et c’est donc bien aujourd’hui qu’elle fête ses 150 ans!

Ci-dessous un petit graphique pour illustrer les compagnies et les mises en service des différentes lignes.

3.12.1860, gare de Frienisberg…

Si vous recherchez Frienisberg, vous trouverez peut-être qu’il s’agit d’un hameau de la commune de Seedorf (BE) près d’Aarberg. En poussant les recherches, vous trouverez peut-être qu’il s’agit du nom d’une métaîrie sur la commune de Villiers (NE). Dans un cas comme dans l’autre, il n’y a pas de chemin de fer et donc pas de gare…

Et pourtant, il y a eu sur le réseau ferré Suisse une gare nommée Frienisberg!

Frienisberg est en effet le nom d’un hameau de la commune du Landeron qui tient son nom de l’ancienne Abbaye de Frienisberg, située au bord du lac de Bienne. Pendant une année, Frienisberg a eu une gare: c’était le terminus de la ligne du pied du Jura. Le 7 novembre 1859, les compagnies de l’Ouest Suisse (OS) et du Franco-Suisse (FS) ont mis en service le tronçon Yverdon – Frienisberg, la frontière des réseaux se situant à la frontière cantonale à Vaumarcus.

Mais pourquoi Frienisberg? Encore une fois à cause des frontières cantonales. Cette fois il ne s’agit plus de la frontière entre les cantons de Vaud et Neuchâtel, mais entre Neuchâtel et Bern. Le chemin de fer s’arrétait sur sol neuchâtelois à la gare provisoire de Frienisberg, à environ 400m de la frontière cantonale (cela correspond aujourd’hui environ à l’endroit où la A5 passe par-dessus la voie de chemin de fer). Une année plus tard, la jeune et éphémère compagnie Schweizer Ostwestbahn (OWB) mit en service le tronçon Biel/Bienne – frontière cantonale et le Franco-Suisse les 400m restants entre Frienisberg et la frontière.

C’était le 3 décembre 1860 et correspond à la première liaison entre les réseaux ferrés de suisse romande et de suisse allemande. La gare provisoire de Frienisberg fut supprimée par la même occasion.

150 ans Lausanne – Genève

Comme je l’évoquais dans l’article consacré à l’inauguration du tronçon Morges – Coppet, le premier train a pu rouler de Lausanne à Genève le 25 juin 1858, grâce à la mise en service par la compagnie Genève – Versoix (GV) du tronçon éponyme. Ainsi, la ville du bout du Lac était reliée à la capitale vaudoise par les chemins de fer de l’Ouest – Suisse (OS) et du Genève – Versoix.

Le financement de la ligne n’a été possible que par l’apport de capitaux privés venus de Suisse, mais aussi en grande partie de l’étranger (principalement France et Grande-Bretagne). La compagnie du Genève – Versoix deviendra le Lausanne – Fribourg – Bern (LFB) le 1er juillet 1858 et au premier janvier 1872, l’Ouest – Suisse et le LFB fusionneront (avec aussi le Franco – Suisse, puis le Jougne – Eclépens quelques années plus tard) pour former la compagnie de Suisse – Occidentale (SO).

Les chemins de fer seront nationalisés en 1902, mais il est bon de se rappeler, à l’époque où l’on peine à trouver un financement pour la troisième voie qu’il existe peut-être d’autres formes, éventuellement combinées, de financement de notre infrastructure!

Villeneuve – Bex, 151 ans

De 1857 à 1860, les trains de l’Ouest Suisse (OS) devaient se sentir bien isolés entre Villeneuve et Bex…

En effet, si le tronçon Villeneuve – Bex a été inauguré le 10 juin 1857, la prolongation côté Valais ne s’est faite qu’en 1860 (Sion – Martigny inauguré par la Ligne d’Italie LI le 10 mai 1860 et la jonction Bex – les Paluds le 1er novembre), la prolongation vers Lausanne a dû attendre le 2 avril 1861.

Il est par contre intéressant de noter que la ligne Martigny – Bouveret a été mise en service le 14 juillet 1859 par la LI et que jusqu’à l’achèvement de la ligne de Lavaux, des wagons de marchandises étaient transportés par barque jusqu’au Bouveret. Je me souviens avoir lu quelque part (et serais content de retrouver la source de cette information) qu’une barque aurait même coulé avec le wagon qu’elle transportait.

7 mai 1855: Bussigny – Yverdon

La compagnie du chemin de fer Ouest – Suisse (OS) a mis en service le tronçon Bussigny – Yverdon le 7 mai 1855. Un peu moins de deux mois (le 1er juillet 1855) plus tard suivront les tronçons Bussigny – Renens (VD) et Renens – Morges. Mais il faudra attendre encore une année jusqu’au 5 mai 1856 pour que le train atteigne la capital vaudoise.

Autre anniversaire ferroviaire du jour: Il y a 33 ans, la transformation d’un train à crémaillère en funiculaire, celui de Saint-Gall Mühlegg. Et un petit jeu-concours, j’adresse toute ma considération à celui qui me trouve le nom de la station inférieure de ce funiculaire!

150 ans Coppet – Versoix

Une semaine après Morges – Coppet, c’est au tour du tronçon Coppet – Versoix, appartenant à la compagnie OS (Ouest Suisse) d’être inauguré le 21 avril 1858. Il faudra attendre encore 2 mois jusqu’au 25 juin 1858 pour que le train réjoigne par l’Est la gare de Cornavin, inaugurée le 18 mars de la même année, avec de l’arrivée du chemin de fer Lyon-Genève, filiale du prestigieux Paris-Lyon-Méditerrannée.